Sous le brouillard

Ce matin lorsque je me suis levée, il y avait un de ces brouillards ! Je ne voyais même pas la maison d’en face.


J’avais prévu pour aujourd’hui, la visite de Castle Corner. Au petit-déjeuner Isabelle, me confirma que c’était le temps idéal. J’en étais vraiment pas sûr. Déjà que je suis piètre photographe, alors avec du brouillard, je voyais mal, le coup.

J’envisageais plutôt à aller du côté de l’aquarium. Premièrement, parce que je trouve bizarre qu’un office de tourisme, ne mentionne nulle part, sa présence, alors qu’on sait pertinemment que les animaux, ça attirent le public. Et deuxièmement parce que sur TripAdvisor, il n’a pas super bonne réputation. Je voulais donc me rendre compte par moi-même, s’il méritait ou non que je vous le recommande.

Mais avant de m’y rendre, j’allais à la pêche aux renseignements auprès de l’office du tourisme. J’ai encore un peu (beaucoup) mal à ma cheville, ou devrais-je dire à mon pied, comme le bureau de change se trouve juste à côté, je faisais d’une pierre deux coups.

Ça commençait bien, les employés n’avaient, ni documents, ni le même avis sur les horaires. Un coup de fil plus tard, il s’avérait que ce dernier est actuellement fermé, et personne ne sait lorsqu’il ouvrira. Étrange, étrange, en tout cas, cela m’a évité, de me déplacer, pour rien.

Du coup, je restais sur mon planning original, et me rendais au Castle Corner. De par sa situation géographique, on est en droit de penser qu’il est le Elisabeth de Guernesey. C’est vrai qu’ils ont la même fonction. Mais aussi sûrement que les deux îles sont différentes, la visite des 2 monuments, l’est tout autant. Même si bien entendu, ils gardent quelques similitudes, comme le tir de canon à midi. La parade qui l’accompagne, et la visite des bâtiments, sont eux totalement différents. Le Castle Corner tire plus sur le musée. Alors que pour le Elisabeth, c’est vraiment le bâtiment dans son jus, et la vue magnifique, qui sont mis à l’honneur.

Souvenez-vous, je vous avais dit que j’avais le sentiment, que je ne serais pas seule, pour ce tour du monde, et que mon mari, le vivrait à titre posthume, aujourd’hui, j’ai vraiment pris conscience que je ne m’étais peut-être pas trompée. Alors que je prenais appui sur la pierre du bâtiment pour monter mon énième marche, et ainsi soulager mon pied, qui me faisait un mal de chien. Se vengeant sans doute de l’avoir négligé depuis mon arrivée à Guernesey. J’ai eu la vision de mon mari, montant l’escalier de la même façon que moi, dans son éternel jean noir. J’avais le sentiment de faire le même visage, de souffrance et d’épuisement, qu’il faisait parfois, lorsqu’il tenait à m’accompagner, alors que sa propre patte folle l’élançait. Je me laissais choir sur le premier banc venu. Et me disais qu’il était temps d’arrêter, la trop riche, nourriture Anglaise, généreuse en graisse et sucre, qu’il était peut-être temps de reperdre ces maudit 5 kilos de trop qui se sont glissés, avant le départ. Je veux bien que la douleur du pied, se soit réveillée, mais ça n’explique pas l’essoufflement, bien trop fréquent à mon goût. Et SURTOUT m’hydrater suffisamment.

J’étais donc là, à crapahuter, dans tous les sens, (décidément, ma vie en ce moment consiste à monter, et descendre des marches à longueur de journée). Lorsque un bruit de sirène de bateau, retenti, comme pour répondre aux phares qui n’ont cessé de biper toute la journée, afin d’aiguiller les bateaux, dans le brouillard. Je repensais soudain qu’Isabelle m’avait dit que le sien partait à 11 h 30. J’essayais de me repérer, de monter sur les tours, et ainsi assister à son départ, malheureusement le temps d’arriver à un endroit assez bas pour moi, j’ai juste eu le temps d’apercevoir le bout du ferry, avant qu’il n’entre dans le brouillard.

Après le tir du canon, j’hésitais à aller manger, pleine des bonnes résolutions, prises quelques minutes plus tôt. Finalement, je décidais de continuer ma visite, me promettant de surveiller l’heure, pour ne pas oublier de manger. Je n’ai pas eu besoin de surveiller la pendule de mon téléphone, mon estomac m’a rappelé à l’ordre une demie heure plus tard. Me souvenant de ma promesse de m’hydrater plus, je prenais une soupe, et un thé. La soupe était servie avec un sandwich, généreusement tartiné de beurre et de fromage, râpé, bon le moins gras, ce ne sera pas pour aujourd’hui.

Malgré la fatigue et la douleur, lorsque j’ai fini la visite du Castle Corner, je me suis rendu dans le parc repéré quelques jours plus tôt. Isabelle l’avait visité à peu près au même moment et m’avait dit qu’il y avait une statue de Victor Hugo, j’avais justement sélectionné dans ma préparation de l’île un parc de ce genre, et j’étais par ailleurs à la recherche d’une grande statue à l’effigie de l’écrivain. Le parc était bien celui dont je voulais faire la visite, et croyez moi, il vaut le détour. Il est fleuri, donne sa vue donne sur la mer. Comme un rappel de son livre, les travailleurs de la mer, c’est d’ailleurs face à cette dernière que la statue du grand homme est tournée.

Avant de rentrer à l’hôtel, je gardais mes bonnes résolutions (enfin presque, puisque je n’ai pas fini ma bouteille d’eau) et prenais un thé, en théière afin d’avoir plus d’eau.

Et commençait cet article sur mon smartphone, car mon ordi refusait de s’allumer. Je n’ai pas oublié non plus de soulager mon pied, je me demande bien pourquoi. Pour le moins de sucre, je verrais ça demain, puisque j’ai fini mon gâteau d’anniversaire, en guise de dîner.


 

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